Vincent Clerc, avez-vous le sentiment que Toulouse est passé à côté de son match à Cardiff ?
Oui, on est clairement passé à côté de ce match. C'est ce qui est le plus regrettable et en même temps le plus facile à corriger. On n'a pas été dominé par cette équipe galloise, on n'a pas été étouffé, sauf que les choses simples on ne les a pas bien faites, et du coup à la sortie il y a six points d'écarts (15-9). On peut faire mieux, mais attention car eux aussi sont capables de faire de très gros matchs.
Le point de bonus défensif atténue-t-il vos regrets ?
Au niveau comptable, ce n'est pas catastrophique, mais il y a beaucoup plus de regrets que de satisfaction. On ne peut pas se satisfaire d'un match comme celui-là. On prend le bonus mais on doit faire mieux. Prendre un point de bonus quand on a été dominé, quand on a tout donné, c'est différent. Ce match laisse forcément des regrets surtout de l'agacement car on a voulu bien faire les choses individuellement mais c'est collectivement qu'on a n'a pas réussi. On a fait trop d'erreurs individuelles et quand il y a eu des bonnes choses au niveau individuel, le collectif n'a pas suivi. Il y avait trop d'écart sur certaines actions pour pouvoir les mettre en difficulté.
Comment expliquez-vous les carences et le manque d'ambition actuels dans le jeu du Stade Toulousain ?
Je ne crois pas que ce soit un manque d'ambition. Comme Guy Novès l'a dit, jouer un mois en étant privé d'une quinzaine de joueurs et avec des joueurs qui tournent beaucoup, c'est compliqué pour trouver de l'efficacité et du liant. C'est ça qui nous manque, c'est la répétition des matchs, de l'entraînement. Pour avoir de l'enthousiasme, il faut vraiment se sentir sur le terrain. Ce qu'il n'y a pas à l'heure actuelle. C'est là qu'on doit corriger le tir, au moins dans la tête, dès ce week-end.
Est-ce aussi en raison d'un manque de fraicheur ?
La saison a commencé en août et les organismes sont peut-être un peu fatigués à un moment donné. Mais je ne crois pas que ce soit une excuse. L'effectif a tourné, même si c'est vrai que tous les joueurs ont été beaucoup sollicités, que ce soit avec le club ou l'équipe de France. On est donc moins frais qu'il y a deux mois. Cardiff a aussi beaucoup joué. Leurs joueurs sont dans le même cas que nous. Je ne crois pas que ce soit une question de fraîcheur, on a les cannes. Nous n'avons simplement pas mis les bons ingrédients et la bonne précision. On n'a pas été dominé dans le secteur physique, même s'il y a eu des ballons retardés au sol mais c'est vrai qu'ils sont souvent à la limite et sont très embêtants sur les rucks offensifs. On n'a pas été pris de vitesse. Je pense qu'on est là, sauf que c'est vraiment tout l'aspect technique qui n'a pas été bon le week-end dernier.
« On ne cherche pas le déclic »
La priorité n'a pas été la récupération alors cette semaine...
(Il coupe) Non, je ne crois pas que quelqu'un soit sorti hyper crevé du match. Voila, il n'y a pas eu beaucoup de rythme dans cette rencontre. On n'a pas besoin d'une semaine de récupération. Au contraire. Nous avions besoin de bosser cette semaine et c'est ce qu'on a fait.
Comment comptez-vous réagir ?
Il faut gagner. Ce n'est même pas pour se faire plaisir, c'est pour l'efficacité. On a besoin de gagner ce match. Deux défaites en coupe d'Europe, c'est trop pour se qualifier. Il faudra mettre beaucoup plus d'efficacité dans ce qu'on va entreprendre.
Ce match peut-être le déclic pour le Stade Toulousain ?
On ne cherche pas le déclic.
Un moteur alors ?
Oui, voilà. On a besoin de réagir après une défaite. Mais je ne crois pas qu'on ait besoin d'un déclic particulier.
Que pensez-vous de cette poule assez homogène ?
Cela fait sept ans que je suis au Stade Toulousain et je n'ai jamais connu un groupe facile ou une équipe un peu plus faible que les autres. On est toujours tombé dans des groupes homogènes. En perdant à Cardiff, on a grillé notre joker mais c'est tous les ans la même chose.
Jeremy DESOBLIN
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