Vincent, quel bilant tires-tu de la victoire sur le Stade français ?Il y avait une grosse intensité, ce à quoi on s'attendait. En dépit de quelques échec au pied, on a dominé ce match, malgré l'essai encaissé en toute fin de partie. On a été bons en conquête, en mêlée, en touche, et nous avons su jouer dans le dos des Parisiens quand ils présentaient un rideau solide. Paris avait mis en place une équipe pour jouer ce jeu-là, avec beaucoup d'intensité tout en étant très rugueux en défense. On a su mettre l'engagement qu'il fallait pour gagner un match de ce niveau. Mais ça a été très dur.
On vous a vus beaucoup utiliser le jeu au pied ?Le Stade français fermait très bien, avec un premier rideau parfaitement en place. C'était sur le second rideau que les Parisiens étaient plus en difficulté, ce qui nous a incités à insister là-dessus. Je pense que c'était la solution, car si on a pêché dans la finition, on a tout de même franchi quelques fois. Franchement, on aurait été bêtes d'aller droit dans ce mur, pour finalement reculer et perdre des ballons. Le jeu, dimanche, était de les faire reculer : il n'y avait pas beaucoup le choix avec un premier rideau qui comptait quasiment quinze joueurs. Le but était de les mettre sous pression derrière pour ouvrir un peu plus tard dans le match des intervalles. Et c'est d'ailleurs ce qui s'est produit en deuxième période.
Le début de deuxième période a été totalement à l'avantage de Toulouse ?Il n'y a pas eu de consignes particulières à la pause. Peut-être devions-nous plus attaquer la ligne sur les ballons de récupération, et c'est vrai qu'on l'a mieux fait en deuxième mi-temps. Peut-être qu'avant, nous étions un peu trop profonds, ce qui faisait que les leurres ne servaient pas à grand chose : du coup, ils défendaient assez facilement sur les extérieurs. Mais quand on a attaqué un peu plus la ligne, ils ont été plus en difficulté.
Te souviens-tu de ton contre avec Maxime Médard, qui n'est pas loin d'aller au bout ?Je veux jouer le deux contre un face à Lionel (Beauxis), mais comme il monte sur moi, je pense que Max peut y aller. Peut-être aurais-je dû accélérer un peu plus longtemps et aller à la corde pour que Max ait plus de champ. Comme j'ai bouffé un deux contre un contre Castes, je m'en suis souvenu et je voulais absolument jouer celui-là (rires) !
Le bilan, à commencer par le classement, est très favorable ?Comptablement c'est bien. Dans l'intensité, la conquête, l'engagement, c'est très bien. Il manque sans doute un peu de réalisme pour marquer au moins une fois. Si le match a été complet, il reste ce point noir. Il faut faire attention, car les matchs couperets, comme celui qui nous attend à Cardiff, se jouent souvent avec très peu d'occasions pour un ou deux essais. Il est certain que lors des rencontres de plus haut niveau, il faudra aller au bout de ces occasions.
Une victoire sur le Stade français, c'est spécial ?C'est toujours bon de gagner à domicile des matchs comme celui-là. Surtout que cette année, nous n'avons pas le quart à la maison. Peut-être que dans l'esprit des supporters, la venue du Stade français faisait un peu office de ce quart de finale que nous avons laissé échapper.
C'était important de gagner ce match, non seulement pour eux, mais aussi pour nous. Car perdre à la maison, c'est se mettre en difficulté et perdre un peu de confiance avant les grosses échéances. Et puis Paris fait partie des gros, et sur une saison, nous n'avons pas tant d'occasions que ça d'avoir de gros tests. D'autant plus que le Stade français a des vacances dans deux semaines et faisait sans doute de ce match-là un objectif. Maintenant, on est loin des phases finales, et ce succès ne veut pas dire grand chose. Il nous rapproche des demi-finales, et on sait qu'il vaut mieux être qualifié le plus tôt possible.
Dans quel état d'esprit irez-vous à Brive ?Je ne sais pas, mais on ne galvaudera pas ce match. Je pense que les coachs vont nous parler et on saura si l'équipe va tourner ou si, au contraire, c'est l'équipe du quart de finale qui débutera à Brive. Cela dépendra aussi de la récupération et de l'état physique des uns et des autres.
Pas de problème en ce qui te concerne au niveau de la cheville ?Non, ça allait mieux mais j'ai ressenti une petite alerte à dix minutes de la fin. Yves Donguy était frais, prêt à rentrer, et c'est plus intelligent de faire comme cela.
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