Vincent, cette rencontre devait être forcément particulière pour toi ?Oui. Si je n'avais pas de peur particulière, il s'agissait, dix mois après ma blessure, de mon premier gros match, de mon premier véritable test. Contre une équipe habituée à jouer les premiers rôles, c'était important pour moi de faire un bon match.
Jouer face à Clermont, au Stadium, là où je m'étais blessé dix mois plus tôt, c'était un clin d'oeil. Je suis globalement content, j'ai inscrit un essai, même si ce n'est pas le plus important. Gagner en phase régulière contre l'ASM nous tenait beaucoup à coeur, car cela faisait un moment que cela n'était pas arrivé.
On a vu un Stade Toulousain particulièrement sérieux ?Nous avons été globalement solides, c'est vrai, même si on s'est un peu mis en difficulté tout seuls à certains moments. Je pense à certains ballons défensifs qui ne demandaient qu'à être dégagés et qui se sont transformés en pénalités contre nous, à cet essai que l'on encaisse alors que l'on effectue un contre en touche et que nous sommes piégés par le rebond. ..
C'est dommage, car on remet l'adversaire dans le match, à un moment où nous étions bien. Il y a aussi ces quelques occasions manquées, notamment en première mi-temps, et on aurait sans doute pu se rendre la partie un peu plus facile. Mais on sait aussi qu'en face, il s'agissait de Clermont, une équipe toujours délicate à jouer, capable de développer des mouvements à plusieurs temps de jeu dès qu'elle a la main sur le ballon. Il faut toujours beaucoup batailler pour récupérer la possession et on a été, je crois, plutôt bons sur les rucks.
Voilà, c'est dans l'ensemble un match solide, et si à l'arrivée, on ne gagne pas de beaucoup, l'essentiel a été fait.
Les internationaux, qui rejouent dès vendredi face au Pays de Galles, n'ont pas ménagé leurs efforts ?Absolument, et il faut leur tirer un grand coup de chapeau. C'est compliqué pour eux, et on se tire quelque part une balle dans le pied en jouant un match le dimanche, qui implique dix internationaux, pour disputer cinq jours plus tard la rencontre la plus importante du Tournoi. Quand on voit l'investissement qui est le leur, on ne peut que s'en réjouir, mais il est évident qu'on ne part pas sur un pied d'égalité face aux Gallois.
Eux se sont reposés, et j'espère qu'ils auront peut-être un peu de difficulté pour remettre la machine en route.
A titre personnel, on a l'impression de te voir progresser à chaque sortie. De quoi repenser à l'équipe de France ?Je me rapproche en tout cas du plus haut niveau, qui est celui que j'aspire à retrouver. Aujourd'hui, je ne raisonne pas encore en terme d'équipe de France. Les sensations reviennent, je progresse, mais sans être encore au top. Je dois encore enchaîner les matchs et à très court terme, c'est mon objectif numéro un. J'ai sans doute besoin de matchs comme celui-ci, et c'est déjà une bonne chose de les jouer sans aucune peur ou appréhension. Ensuite, il sera temps de penser à l'équipe de France, si on me convoque. Cela ne pourra être la cas que si je suis à 100 %, et il reste du chemin.